28
Mar
2016
115

À lire avant de partir

Il y a quelques jours, j’ai réalisé que j’avais quitté la maison depuis déjà presque trois mois afin de partir à l’aventure seule pour la toute première fois. Me voici donc, à 15 heures de décalage horaire de mon confort montréalais, seule loin de mes amis, de ma famille et bien entendu, de ma routine si réconfortante que j’avais l’habitude de trouver tellement ennuyante. Et tout ça pourquoi ? Pour vivre une expérience qui me poussera hors de ma zone de confort. Pour vivre de la nouveauté. Pour vivre au jour le jour sans trop me poser de questions sur ce qui s’en vient. Pour vivre l’inconnu. Pour juste vivre finalement. Ce que bien peu de gens prennent le temps de faire de nos jours.

Si toi aussi tu en es venue à ce constat et que tu songes à t’exiler sur un autre continent afin de fuir tes responsabilités de grande personne et que tu te questionnes à savoir si le fait de tout quitter pour partir à l’étranger en vaut le coup. Ce billet est définitivement pour toi, alors prends des notes camarade.

D’abord et avant tout, je désire mettre les choses au clair. Dans mon cas, j’ai pris la décision de quitter Montréal dans le but de me créer un semblant de vie « normale » ailleurs dans le monde. Je désirais me trouver un emploi temporaire à l’étranger et apprendre une nouvelle langue. Pas plus compliqué que ça comme plan.

Cependant, je dois admettre que lorsque l’on jète un coup d’oeil aux photos que j’ai publié au cours des derniers mois, il est facile de s’imaginer que mon emploi du temps de « voyageuse » se résume à me faire bronzer et boire des buckets de boissons (un peu trop riches en sucres ajoutés) alcoolisées à longueur de journée, mais non, on est à des années-lumière de ce set up-là.

Je me suis établie en Australie, à Sydney plus précisément (ou à Bondi pour être même encore plus précise) et j’y ai loué un appartement, je me suis trouvée un emploi, j’ai ouvert un compte bancaire, toute le kit. Et là, j’en vois déjà plusieurs me demander « mais à quoi ça sert de quitter sa routine pour s’en créer une autre ailleurs ?» et à ceux-là j’ai envie de leur répondre (avec un gros sourire fendu jusqu’aux oreilles en plus de ça) « ben pourquoi pas !? ». Parfois, le changement, ça te secoue juste assez pour te remettre les idées en place, surtout quand elles étaient depuis longtemps aussi embrouillées que les miennes.

J’ai donc décidé de partir pour quelques mois parce que je suis encore jeune (bon okay, pu tant que ça, mais oui quand même encore un peu), parce que je n’avais aucun engagement sérieux qui me retenait de force à la maison et au risque de paraître clichée, je vais le dire quand même… ben parce que YOLO tsé !

Maintenant, avec un certain recul, je peux vous confirmer que de vivre une aventure aussi déstabilisante c’est une expérience qui ne te donnera peut-être pas un meilleur CV qu’un autre ou un baccalauréat quelconque, mais tu seras assurément diplômée de l’université de la vie (avec une mention d’honneur en plus de ça !). Une école à laquelle je te conseille fortement de t’inscrire si tout comme moi, en sortant de la « vraie école » tu ne savais plus trop où te diriger vues les centaines d’opportunités que le monde met à ta dispositions après l’obtention de ton « vrai diplôme ». Des fois, trop de possibilités te donne l’impression de tourner en rond. Pis ben tourner en rond, ça étourdit en tabarouette. Alors voilà, maintenant vous savez pourquoi j’ai choisi de plier bagages et de m’exiler pour quelques mois. Si ces symptômes te semblent familiers, je t’invite à poursuivre ta lecture puisque si tu souhaites faire le grand saut à ton tour, tu dois être consciente que la vie ailleurs n’est pas nécessairement plus rose qu’ici. Je m’explique :

Premièrement, ceux qui me disent « chanceuse » de vivre cette aventure et bien mes chères amies j’ai quelques mots pour vous ; ma « chance » comme vous l’appelez, je me l’a suis créée. Personne ne m’a offert cette opportunité. Je n’ai pas gagné à la loterie du voyage. Non. J’ai pris la décision de quitter mon emploi, d’emprunter un certain montant d’argent, d’entreprendre des démarches pour louer ma chambre durant mon absence et surtout, de ne pas attendre après un travel buddy pour m’accompagner. J’ai pris l’égoïste décision de tout planifier seule et de partir quand le timing de ma vie à moi me le permettait. Puis, une fois ici, j’ai dû parcourir la ville et les petites annonces pour me trouver un logement. Quand même stressant je vous dirais. Ensuite, j’ai postulé non seulement pour un, mais environ 36 emplois parce qu’on va se le dire, le coût de la vie en Australie est comme TRÈS élevé et que si je voulais manger je me devais de trouver un boulot ASAP, alors les applications ça se faisaient aller, pis pas à peu près. Ce qui peut être décourageant très rapidement pour plusieurs. Alors non, ce n’est pas de la chance que ça te prend, mais bien du courage, de la détermination et de la confiance pour t’établir à l’étranger. J’espère que tu le sais.

Aussi, avant de t’emballer et de vouloir tout « sacrer là », il faut comprendre que ce n’est pas toujours aussi beau que sur des photos Instagram la vie loin de chez-soi, surtout toute seule. Il y a des jours où ton lit douillet, le sourire de ta meilleure amie, les soupers en famille du dimanche soir, le café de ton quartier où tu aimes y passer ton samedi après-midi, ton bar préféré ou encore les délicieux repas cuisinés avec amour par ta coloc te manqueront au point de vouloir booker un billet de retour pour le lendemain matin. Oui, il y en aura plusieurs des jours gris comme ceux-là, parce que dans la vie rien n’est parfait, même pas les voyages qui font mourir d’envie tes proches. Par contre, la bonne nouvelle c’est qu’ils finiront tous par passer ces jours gris-là et que le ciel sera à nouveau aussi bleu que celui sur les photos de ton feed. Ça fait parti de la game, I guess. En fait, je dirais même que c’est ça la beauté de voyager. Ce sentiment de fébrilité que tu ressens avant de revenir à ta vie d’avant. C’est à ce moment-là que tu réalises que ta vie, ben est pas si plate que ça au fond et que tes habitudes sont justement devenues des habitudes parce que ce sont des activités que tu aimes faire ou des lieux que tu aimes fréquenter naturellement parce qu’ils te font sentir bien tout simplement.

Être loin de tout ce que tu connais te permettra de réaliser que ta vie, ton quotidien, tes habitudes et ta routine tu les apprécies beaucoup plus que tu peux le penser. Être confrontée à l’inconnu et à la solitude te donne du temps (voire beaucoup de temps) pour aligner le fil de tes pensées et rapidement tu te rends compte de qui te manque fondamentalement, de ce qui te créer un vide au coeur quand tu te mets à trop y penser et je crois fermement que c’est à ce moment-là que l’expression « partir pour mieux revenir » prend tout son sens.

Oui en voyage on rencontre des gens merveilleux, des personnes qui auront probablement le pouvoir de changer ta vie un peu, mais en même temps, ces rencontres sont éphémères et des fois les aurevoirs sont loin d’être simples puis ce sont dans ces moments-là que tu te rappelles que tes amis à toi, tes amis de toujours ben eux ils seront là pour rester et que ces amitiés-là valent bien plus que tout l’or du monde. Et c’est ça qui est beau dans le fond. Non ?

Jusqu’à maintenant je ne regrette en rien la décision que j’ai prise. Au contraire, je ne suis pas encore revenue à Montréal et déjà je suis fière du bout de chemin que j’ai parcouru. Je ne souhaite donc en aucun cas décourager celles qui souhaiteront entreprendre cette démarche admirable. J’avais plutôt envie de faire comprendre aux gens qui font partie da ma petite vie montréalaise qu’ils me manquent et que je sais à présent que c’est auprès d’eux que j’ai envie de vieillir. Je n’ai plus envie de courir n’importe où, n’importe quand et vous ne pouvez pas vous imaginer le bien que ça me fait en dedans de l’avoir réalisé.

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