4
Fév
2015
64

La 25e chandelle

Il y a un peu moins d’une semaine de cela, j’ai finalement franchi le cap du quart de siècle. Et oui, le 29 janvier dernier, à 1 h 04 précisément, j’ai complété ma 25e année d’existence. Cependant, cette année je me suis rendue compte que je n’avais pas le cœur à la fête contrairement aux anniversaires passés. Pourquoi ? Parce que le nombre 25 me faisait peur. Généralement, les gens ont peur de prendre l’avion, des araignées ou des fantômes, mais moi non. Ce qui me donnait la chair de poule depuis les derniers jours était la combinaison de deux chiffres; le 2 et le 5.

Rapidement, je me suis questionnée. Je me suis demandée ce qui causait cette soudaine phobie irrationnelle et non-justifiée. J’imagine que ce phénomène devient de plus en plus fréquent plus on avance en âge, mais quand même, de mon côté je n’avais jamais ressenti un sentiment se rapprochant de près ou de loin de l’anxiété ou même de la peur en rapport avec le fait de vieillir.

Après mûre réflexion, j’ai compris que ce n’était pas le fait de vieillir qui m’effrayait tant. C’est plutôt de réaliser que peu à peu je devenais une adulte malgré moi. Voilà ce qui me donnait mal au cœur et des sueurs nocturnes. Je me suis mise à en discuter avec les gens de mon entourage, question de leur demander si j’étais bonne pour la camisole de force de me sentir ainsi. Fort heureusement, j’ai réalisé assez vite que j’étais loin d’être la seule qui considérait prendre des antidépresseurs le jour de son anniversaire après avoir dépassé un certain âge (généralement cette démence s’installe une fois la trentaine passée, mais selon les dires de mes parents, j’ai toujours été une enfant précoce, tout s’explique maintenant). N’empêche que depuis le 29 janvier dernier, une seule pensée hante mon esprit de manière permanente ; d’où vient cette peur de devenir adulte ?

Le jour de l’anniversaire de ta naissance, quand tu te fais demander par des amis-collègues-connaissances plus âgés « quelle âge as-tu aujourd’hui Vanessa » et que tu réponds «  25 » puis qu’ensuite ces mêmes personnes te disent avec un ton frôlant le désespoir «  chanceuse, profites-en tu vas voir, le temps passe vite et la liberté ainsi que la jeunesse ne durent pas éternellement… », il est clair que ça n’aide pas à vouloir devenir une adulte ben, ben, on va se le dire.

Cependant, dans mon cas, j’angoissais depuis plusieurs semaines déjà, alors ce genre de commentaires pessimistes ne venait qu’appuyer le fond de ma pensée. Nice. Après m’être questionnée et en avoir parlé à mon psy, j’en suis venue à la conclusion suivante : ma peur de devenir une adulte résultait de ma crainte de l’engagement. Pas de la peur d’avoir des rides ou d’éventuellement mourir (plus on vieillit et plus on se rapproche du jour de notre mort, c’est un simple fait, pas un message suicidaire, je vous rassure), non juste peur de m’engager. Plus on devient « adulte », plus s’investir auprès des autres devient une nécessité. Ce qui fait en sorte que l’on se voit dans l’obligation de mettre nos propres besoins ainsi que nos désirs les plus profonds de côté afin de satisfaire ceux des autres. Il faut trouver un travail « d’adulte » et s’engager à satisfaire quotidiennement un employeur, souvent au détriment de notre propre bien-être (bonjour les augmentations annuelles de cas d’épuisements professionnels et de dépressions majeures, c’est tout ce que j’ai à dire sur le sujet afin de valider mon point…). Ensuite, vient la pression de rencontrer quelqu’un a.k.a « l’âme sœur » et de bâtir une relation sérieuse dans le but de se trouver un compagnon de vie avec lequel il deviendra possible de construire des plans à long-termes. Comme si l’atteinte du bonheur ultime devait absolument déprendre de quelqu’un d’autre, tsé.

C’est peut-être moi qui suis encore trop égoïste (syndrome de l’enfant unique ici), mais présentement la seule chose à laquelle je pense c’est de partir loin (très loin) avec mon sac à dos et de ne devoir rien à quiconque. Dans moins de 3 mois, j’aurai enfin complété mes études universitaires et après avoir travaillé aussi fort pendant aussi longtemps la dernière chose dont j’ai envie après ma graduation est d’aller m’enchaîner à un bureau, les yeux rivés à un ordinateur 40 heures par semaine jusqu’au jour de ma retraite. Thanks but no thanks.

Suis-je la seule qui ressent de la pression lorsqu’elle voit des photos de mariages et de bébés sur son News Feed ? Surtout lorsque celles-ci sont publiées par des vieux amis du secondaire et qu’ils ont par le fait-même le même âge que toi ? Suis-je la seule qui n’en peut plus de se faire poser des questions du genre « quand vas-tu nous présenter un p’tit chum ? » par les membres de sa famille ? Finalement, suis-je la seule qui préfère dépenser toutes ses économies pour voyager plutôt que pour faire l’achat d’un condo (ou d’une maison, c’est selon), juste parce que c’est à ça qu’il faut commencer à penser à 25 ans ?

Clairement, la peur de l’engagement frappe encore dans chacune de ces situations. Le mariage et les enfants sont clairement deux synonymes d’engagement, no big surprise. Présenter un gars à sa famille, l’est tout autant et un investissement immobilier représente sans l’ombre d’un doute un engagement quant au lieu où je devrai vivre pour les 5 à 10 prochaines années. Je suis une fille qui aime les changements et qui a horreur de la routine et j’ai malheureusement ou heureusement (j’ignore encore quel adverbe est le plus approprié ici) peine à croire que ça va changer de sitôt.

Bref, le message que je tente de faire passer ici, est le suivant : si tout comme moi tu sens que tu ne cadres pas nécessairement dans les modèles de réussite personnelle et professionnelle typiques établis selon « le guide de la jeune adulte parfaite en 2015 », je ne crois pas qu’il valle la peine de s’en faire et de se rendre malade avec ça. Après tout, oui la vie est courte, mais une vie on en a qu’une seule à vivre, alors vaut mieux faire en sorte qu’elle se déroule à son propre rythme, question que l’on puisse en profiter davantage, non ? Ça fait pas mal de sens, selon moi. Après avoir réalisé tout ça, je me suis enfin remise à dormir de nouveau sur mes deux oreilles et à me sentir bien malgré le fait qu’une chandelle de plus ce soit ajoutée sur mon gâteau de fête. Dis-toi que le fait d’avoir à souffler une chandelle supplémentaire d’une année à l’autre n’est dramatique en aucun cas. Ce qui l’est réellement est de ne pas savoir savourer pleinement chaque bouchée de gâteau qui se cache en dessous.

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9 Commentaires

  1. Melanie

    J’ai aimé ton texte depuis mes 25ans je fête plus mon anniversaire parce que je vieilli et j’ai que 27ans et sa me fai peur ma vie a été basculer par un dénie de grossesse et depuis j’ai due me fixer que sur mon travail et mon enfant et plus penser au reste j’y arrive plus

  2. J’ai adoré ce texte (lu pendant un cours d’uni… oups)! Tellement bien écrit! Perso, ce qui me fait angoisser quand je pense aux années qui se rajoutent, c’est la peur de ne pas avoir assez accompli assez jeune. J’ai toujours eu l’impression, depuis que je suis petite, qu’il était important d’avoir tout figure out avant même d’être considérée comme une adulte. Va savoir pourquoi… À 21 ans, une job à temps partiel que j’aime, un blog et presqu’un BAC en droit en main je devrais me sentir fière. Mais non! J’ai l’impression qu’il faut faire plus! Bref, ça fait du bien de savoir que je ne suis pas toute seule à ne pas être à l’aise avec le fait de vieillir!

  3. Rachel

    Vraiement bien ecire venessa . Je trouvé sa extroditraire que tu ecrire ouvertment ton resenti car je suis sur qu’il a beacoup de personne qui resent THAT! Une chandelle de plus just tell us that we are still ALIVE and I love it And I love your energie enjoy this amazing journey with your best friend my sweetpea ! Love beaucoup trop from your adopted Mom xoxoxo

  4. Alex

    Chouette article, Bravo Vaness!
    J’ai réalisé que je devenais souvent nostalgique à l’approche de mon anniversaire, réalisant qu’encore une autre année venait de passer… Et puis, j’ai compris que mon état d’esprit dépendait tout simplement de la situation dans laquelle je me trouvais par rapport à la situation dans laquelle je voulais me trouver! Au contraire de toi, j’avais hâte d’avoir un bébé une fois les études finies, et d’acheter une maison avec mon homme! Comme ces choses se sont récemment réalisées, je suis sereine face à l’approche imminente de mon 25e anniversaire! 🙂

    1. Vanessa

      Merci beaucoup Alex d’avoir pris le temps de laisser un commentaire. Tu as tellement raison, ce genre de situation diffère assurément d’une personne à l’autre. Je suis très heureuse pour toi et je te souhaite bonne chance avec tous les autres « projets » que tu souhaites mettre à terme. Merci beaucoup pour ce partage !

      Vanessa

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